Journée de recherche, Université de Lyon, 10 avril 2020

Date limite le lundi 17 février 2020

 

 

Cette journée de recherche pluridisciplinaire, le 10 avril 2020 à Lyon, propose d’appréhender de manière croisée les implications des technologies de l’information[1] et notamment des blockchains[2] (BC) en sciences juridiques et fiscales, en sciences économiques, et en sciences de gestion. L’objectif est de trouver des champs de fertilisation croisée dans les trois domaines examinés lors de ces réflexions.

 

 

 

1. Articulation droit – économie – gestion

L’articulation entre droit – économie – gestion est naturelle. L’Université de Lyon regroupe ces trois disciplines notamment au sein des Universités Lyon 2 et Lyon 3. Parallèlement, des vagues technologiques bouleversent concomitamment ces trois disciplines. En réponse des formes nouvelles de régulation se développent dans des pans entiers de la vie économique et de l’organisation : des considérations économiques et ou de gestion apparaissent au cœur même de la régulation juridique (Kirat, et alii, 2005). Ces technologies de l’information se sont organisées depuis longtemps en de véritables systèmes, c’est-à-dire en des ensembles abstraits et pratiques dont les éléments sont coordonnés par une théorie, le tout en fonction d’un but. Pourtant, certains vont jusqu’à conclure à une difficulté rencontrée par les sciences juridiques face au concept de système, pourtant de droit positif (Causse, 2019).

 

La journée de recherche est, de ce fait, ouverte aux communautés scientifiques du droit, de l’économie, et de la gestion qui sont impactées par ces technologies de forte croissance et à travers elles l’information, les monnaies digitales, parmi elles la BC bitcoin et les autres BC. Alors qu’elles n’en sont encore qu’à leur début, ces technologies conduisent à « brouiller les lignes de partage entre les disciplines, les communautés et les corpus » (Faraj et al., 2018, p. 68), ce qui est un indice de l’incidence de ces technologies dans chacun des trois domaines.

 

 

 

2.  Incidence de ces technologies dans chacun des trois domaines

Cette journée de recherche vise à analyser l’impact des technologies en forte croissance en termes de transformations, c’est-à-dire étudier la modification des caractères généraux de ces disciplines. Ces modifications sont-elles susceptibles de les faire changer de forme, de les rendre différentes ? En effet, les systèmes d’information possèdent un fort potentiel de transformation du droit financier et fiscal, tant du point de vue des pouvoirs publics que des contribuables ou opérateurs de marché (Cavalier, 2018 ; Cavalier et Guédon, 2018 ; Greggi, 2019). L’effet disruptif impacte tout naturellement aussi les pratiques de travail et de management dans l’organisation (Orlikowski and Scott, 2016). Les contrats intelligents (Smart contracts), comme la technologie des BC, permettant de les mettre en œuvre, sont susceptibles de modifier les métiers : peuvent-ils pour autant révolutionner le droit des  contrats et le  droit en général ? Les savoirs et les pratiques dans l’organisation sont présumés faire évoluer la gouvernance des organisations en horizontalisant ces dernières. Ces nouvelles grammaires juridiques, économiques et de gestion de ce monde informatique qui se construit demeurent à explorer et à écrire, alors que parallèlement leurs effets technologiques commencent à se faire sentir. Les configurations spatio-temporelles sous-jacentes des organisations et de leur organisation ont considérablement changé. Cela conduit à la création de nouveaux modèles d’organisation adaptés à de nouvelles matérialités (Thomas & Cooreen, 2016), à une redéfinition de la valeur travail et du droit, qui s’inscrivent dans le concept général de « nouvelles méthodes de travail » (NWW). Ils incluent des pratiques telles que l’Activity Based Work.

 

La valeur travail, l’environnement, et la sphère privée sont bouleversées. Les possibilités offertes, notamment par les BC, ne sont qu'un exemple du pouvoir d'incubation et d'accélération socio-économique de l'innovation : si elle peut être un vecteur d’aide au développement envers les pays les moins avancés, elle peut également contribuer à les éloigner encore davantage de la prospérité. La puissance de calcul requise peut signifier davantage d’externalités négatives pour l’environnement. Inversement, si la puissance de calcul constitue un enjeu pour les organisations et les Etats, faut-il s’attendre à des combinaisons avec l’intelligence artificielle ? Ces associations augmenteraient davantage encore la puissance des blockchains, déjà très gourmandes en capacités informatiques. On songe, par exemple aux neurochains. La combinaison de ces deux technologies va-t-elle essaimer ?

 

Le monde de l’entreprise pense son autonomie (Decentralized Autonomous Organisation). Cette journée propose une lecture plurielle, juridique et fiscale, économique et en termes de gestion, de ce phénomène de la transformation initié par les systèmes informatiques et leurs technologies. Elle propose une grille confrontant les aspects théoriques et conceptuels aux études de terrain. Elle ne néglige pas les sujets plus périphériques, concernant notamment l’écologie de la transformation, la configuration des business models, le processus de transformation. Les résultats de la transformation et leur mesure constituent un nouvel enjeu du contrôle de gestion digital (IT controlling). L’événement fait suite, notamment, à un rapport du Sénat (www.senat.fr/rap) et à un colloque transversal organisé par l’Université de Lyon sur la modification de la relation contractuelle issue de l’émergence de la blockchain (Marmoz et alii, 2019). Cette journée visera enfin, outre les avancées survenues depuis la tenue de cet événement, à recenser les initiatives locales comme les crypto-vallées développées par les pouvoirs publics.

 

 

 

3.  Objectif de fertilisation de ces réflexions

Fertiliser est enrichir un élément dans le but d’obtenir une production rapide, abondante et aisée. L’association de plusieurs communautés scientifiques vise à croiser les regards des différents domaines socio-économiques au sujet des régulations sociales, d’appropriation par les utilisateurs, de modification des modèles d’affaires et des systèmes de pilotage. De l’articulation entre ces trois champs, droit économie et gestion devrait résulter une fertilisation ouvrant possiblement des horizons à de nouvelles réflexions, voire des pistes d’améliorations dans la connaissance de chacune des disciplines concernées. Outre les aspects fondamentaux et théoriques, les conclusions pourraient aboutir, par exemple, à des propositions législatives, à des économies informationnelles, voire à de nouvelles formes d’organisation. Parallèlement, les entreprises se sont déjà appropriées certaines fonctions des BC dans les domaines de la logistique et de la gestion industrielle notamment en les associant à des ERP.

 

 

 

Guest speaker :

Aleksander Berentsen, Professeur de sciences économiques, Doyen honoraire de la faculté de sciences économiques et de gestion de l’Université de Bâle

 

 

 

Les thèmes de la journée sont plus spécifiquement :

 

SI et transformation des organisations

BC, relation contractuelle et smart contracts

Droit commercial et BC (vendre et financer et financer pour vendre)

Propriété, Propriété intellectuelle, BC

BC et intelligence artificielle

Droit comparé et BC

Nouveaux outils pour les fiscalistes, droit et BC

Analyse des organisations fondées sur les BCs et théories de la firme

Transformation digitale et IT controlling

Cybercriminalité et BC

Guerre économique, BC et transformation numérique

Transformation digitale, BC et traçabilité

Fintech et BC

Transformation digitale et stratégie

Innovation digitale et nouveaux défis pour la protection des savoirs et de la personne

Knowledge transfer et transformation digitale

Calcul économique et BC

Monnaies digitales, transformation micro et macro-économiques

Valeur travail et BC

 

Dates clés

Date de la journée : 10 avril 2020

Date de remise des communications: 17 février 2020

Les communications sont à adresser à : georges.cavalier@univ-lyon3.fr ; wilfrid.azan@univ-lyon2.fr

Avis définitif le 17 mars 2020

 

Vous trouverez le programme ici.